Stéphane Belzère

« Les pensées colorées du peintre« 
Génèse et fécondité des vitraux de la cathédrale de Rodez

Galerie Saint-Séverin
Du 25 septembre au 15 décembre 2025
Commissaire de l’exposition : Frère Marc Chauveau

Un grand cerveau aux couleurs éclatantes et lumineuses.
Des bocaux d’anatomie à l’inquiétante étrangeté mais aux coloris raffinés et traversés par une lumière douce.
Aquarelles lumineuses où la lumière semble venir de derrière les couleurs, dans la continuité de la lumière des vitraux de la cathédrale de Rodez.
Une lumière qui transfigure la couleur en transparence.

Stéphane Belzère répond à cette commande en empruntant une voie symbolique plus significative que celle illustrative d’épisodes narratifs et identifiables facilement. Il ose emprunter une iconographie issue de notre monde contemporain notamment venant de l’univers biologique ou médical.
Ainsi le répertoire biologique apparaît dans le vitrail de la Création où dans une sorte de liquide bleu flottent des éléments embryonnaires qui évoquent la vie à ses débuts évoquée dans la Genèse. Toutes ces formes inspirées des bocaux anatomiques peints par l’artiste viennent du Museum d’Histoire naturelle de Paris.
Pour d’autres vitraux, Stéphane Belzère revisite l’iconographie traditionnelle en empruntant des éléments proprement biologiques significatifs de la vie humaine, comme dans le vitrail des sacrements où des globules rouges du sang du Christ, comme une chaîne d’ADN, relient les sacrements qui irriguent la vie du chrétien du baptême à l’extrême onction. Ou bien les connexions neuronales qui sillonnent le vitrail de l’Église de Rodez et explicitent le sens de la mission de l’Église.
Les œuvres exposées appartiennent au vocabulaire iconographique de Stéphane Belzère lorsqu’il reçoit la commande de sept vitraux pour le chœur de la cathédrale de Rodez. Il répond à un cahier des charges précis élaboré par la DRAC et le diocèse avec quatre verrières se référant aux quatre éléments du monde associés à des thèmes : la terre, le ciel et les Saints du ciel, le feu et la Chute des anges enfin l’eau et la Création du monde ; et trois autres vitraux ayant pour thèmes les sacrements, l’Église de Rodez au cours des siècles et la Transfiguration de la chair ou Résurrection.
Selon le cahier des charges l’artiste devait représenter Dieu au sommet des vitraux. Au cours des siècles Dieu a été représenté de différentes façons : à l’époque paléochrétienne par une main descendant du ciel, à l’époque baroque par un œil, parfois un œil dans un triangle, puis un vieillard à la longue barbe. Là encore, Stéphane Belzère puise dans le registre médical de notre monde contemporain en reprenant l’image IRM d’un cerveau, siège de l’intelligence, des pensées, de la pulsion d’amour. Image contemporaine pour tenter de montrer symboliquement l’irreprésentable.