Jean-Marc Cerino
Un nouveau jour![]()
Galerie Saint-Séverin
Du 17 janvier au 24 mars 2024
Commissaire de l’exposition : Frère Marc Chauveau
Une ville en ruine. Berlin. 1945.
Une femme au centre. Digne, élégante même, qui avance droit devant elle.
Une femme en marche au milieu de ruines.
À l’image de la reconstruction à venir, à celle d’un nouvel avenir possible.
Au cœur des ruines, elle permet d’entre-apercevoir une espérance.
Image d’une fragilité au cœur du chaos de pierres autant que l’affirmation de la puissance de l’être au milieu de ces ruines.
Se tenir debout. En marche vers un nouveau jour.

Cette peinture de Jean-Marc Cerino est comme un écho suspendu de l’Allemagne en ruines et de sa future reconstruction. On pense aux Trümmerfrauen, ces Femmes des ruines qui, après la Seconde Guerre mondiale, aidèrent à débarrasser les villes des pierres des bâtiments qui avaient été bombardés. Anselm Kiefer évoque ces femmes dans plusieurs de ses œuvres. On pense également à son œuvre Résurrection, créée en 2019 pour le couvent de La Tourette : 50 m2 de gravats et de blocs de béton au milieu desquels de grands tournesols blancs s’élevaient dans le ciel, signes d’une vie qui reprend. La ruine comme point de départ d’une nouvelle vie. D’un nouveau jour.
L’œuvre de Jean-Marc Cerino est une longue réflexion sur l’Homme et sur sa place dans la société comme dans l’Histoire. L’artiste réalise avec cette peinture un travail de reprise à partir d‘une photographie orpheline. En effet, pour ses peintures sur verre, l’artiste a mis en place un rituel à partir d’images photographiques qu’il achète pour l’essentiel via des sites de vente en ligne. Après avoir retenu une photographie, il en reprend l’image en peinture, comme pour en fixer l’empreinte mémorielle, comme pour en révéler les non vues. Ici c’est un regard teinté de mélancolie hivernale qu’il nous propose.
Le travail de Jean-Marc Cerino a donc à voir avec la mémoire : amasser des images, les soustraire au flot continu du trop-plein, choisir celles qui portent en elles la trace d’un passage, d’une histoire, mais qui échappent en même temps à toute narration. Desphotographies silencieuses mais habitées, auxquelles il s’agit de redonner par la peinture une densité que l’instantanéité photographique pourrait avoir ôté.
Berlin1945 évoque un monde fragile, ruiné, brisé, mais qui coûte que coûte résiste. Un nouveau jour.


